Le recours aux consultants pose un risque de divulgation de renseignements personnels

Au Canada, de nombreux consultants fournissent dâexcellents services Ă leurs clients sans rencontrer de difficultĂ©s. Cependant, lorsquâelles surgissent, ces difficultĂ©s peuvent engendrer de graves problĂšmes aussi bien pour le client que pour le consultant, dont la responsabilitĂ© pourrait ĂȘtre engagĂ©e malgrĂ© tous les efforts mis en Ćuvre pour respecter les normes de meilleures pratiques du secteur concernĂ©. Par consĂ©quent, il est crucial pour ces professionnels de souscrire le bon type dâassurance responsabilitĂ©.
Un prestataire de soins de santĂ© dâEdmonton a rĂ©cemment Ă©tĂ© condamnĂ© Ă verser plusieurs centaines de milliers de dollars afin de dĂ©dommager des milliers de patients dont les renseignements personnels ont Ă©tĂ© divulguĂ©s Ă la suite dâune faille de sĂ©curitĂ©, dâaprĂšs un article du Edmonton Journal. Au total, les entreprises et les personnes poursuivies (Medicentres Canada inc., AbleIT inc. et dâautres parties prenantes) devront dĂ©bourser 725 000 $, tandis que la plainte initiale rĂ©clamait 11 millions $.
« Nous espĂ©rons que cette affaire servira dâexemple aux entreprises canadiennes et leur rappellera quâelles doivent ĂȘtre plus vigilantes avec les donnĂ©es personnelles de leurs clients, » a dĂ©clarĂ© lâavocat qui a menĂ© le recours collectif, Clint Docken, au journal.
Les faits
En septembre 2013, un ordinateur portable contenant les noms, dates de naissance, numĂ©ros de carte-santĂ© et codes de diagnostic de lâAlberta de 620 000 personnes ayant visitĂ© une clinique Medicentre Ă Edmonton ou Calgary au cours dâune pĂ©riode de prĂšs de deux ans et demi a Ă©tĂ© volĂ© dans un Ă©tablissement dâEdmonton, dâaprĂšs lâarticle. Ces informations Ă©taient stockĂ©es, non cryptĂ©es, sur lâordinateur dâun consultant informatique.
La poursuite judiciaire faisait Ă©tat de diffĂ©rents types de plaignants potentiels. Dâune part ceux qui ont souffert de dĂ©tresse psychologique rĂ©sultant du vol et ont dĂ» recevoir un traitement mĂ©dical; dâautre part, ceux qui avaient peur dâĂȘtre victimes dâusurpation dâidentitĂ©; et enfin, ceux qui pouvaient effectivement prouver que leur identitĂ© avait Ă©tĂ© usurpĂ©e.
Un accord a Ă©tĂ© trouvĂ©, mais il nâest pas encore dĂ©finitif. Une audience aura lieu en juillet pour dĂ©terminer si la dĂ©cision est Ă©quitable pour tous les plaignants.
Les leçons à tirer
Bien sĂ»r, le consultant nâavait aucunement lâintention de se faire voler lâordinateur, mais lâincident sâest bel et bien produit. Par consĂ©quent, le rĂšglement peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une leçon sur lâimportance de correctement protĂ©ger les donnĂ©es sensibles et de suivre les bonnes pratiques de la profession (ex. le cryptage de toutes les donnĂ©es sensibles) pour toutes les situations auxquelles un consultant peut ĂȘtre exposĂ©.
NĂ©anmoins, mĂȘme lorsque celles-ci sont appliquĂ©es, les choses peuvent mal tourner et la responsabilitĂ© des consultants peut ĂȘtre exposĂ©e. Une couverture adĂ©quate permet dans ce cas Ă un consultant de se protĂ©ger contre les consĂ©quences financiĂšres de ces risques et sâavĂ©rer extrĂȘmement bĂ©nĂ©fique pour Ă©viter dâimportants coĂ»ts associĂ©s Ă la responsabilitĂ©, lesquels pourraient compromettre la viabilitĂ© mĂȘme de son activitĂ©.
Une organisation qui recherche un consultant pour effectuer un travail en son nom doit ĂȘtre consciente quâelle peut ĂȘtre tenue responsable des actions de celui-ci. Il peut dâailleurs sâagir de dommages couverts par une âcyber assuranceâ si le travail que le consultant doit effectuer concerne des renseignements personnels. Une fois conscient de ce risque, il est trĂšs important de contracter la police adĂ©quate. La divulgation de renseignements personnels reprĂ©sente un risque croissant et les organisations doivent le prendre en compte lorsquâelles Ă©valuent leur exposition aux diffĂ©rentes menaces.